Genou gonflé après une chute : quand consulter et quoi faire sans attendre

Un genou qui gonfle après une chute peut être contusionné, mais le gonflement peut aussi signaler une entorse, une fracture ou un saignement dans l’articulation. Si vous ne pouvez pas prendre appui, si le genou gonfle rapidement et beaucoup ou s’il paraît déformé, faites-vous examiner sans attendre. En attendant, arrêtez l’activité, ménagez votre jambe et appliquez du froid protégé. La vitesse d’apparition du gonflement et les symptômes associés aident à évaluer la situation.
Repérer d’abord les situations qui ne peuvent pas attendre
L’aspect du genou ne permet pas, à lui seul, de mesurer la gravité d’une blessure. Une douleur modérée peut accompagner une lésion interne, tandis qu’un bleu impressionnant peut rester superficiel. La capacité à marcher, à tendre la jambe et l’évolution du gonflement sont des repères utiles, mais ils ne permettent pas de poser un diagnostic à domicile.

Urgences immédiates ou évaluation dans la journée
- Appelez les secours en cas de déformation importante, de plaie profonde, de pied froid ou pâle, d’engourdissement ou de traumatisme violent. En France, composez le 15 ou le 112.
- Consultez dans la journée si vous ne pouvez pas prendre appui, si la douleur est intense, si le genou gonfle fortement en peu de temps ou si vous ne pouvez plus le tendre.
- Un genou rouge et très chaud avec de la fièvre nécessite une évaluation urgente. Une infection articulaire doit notamment être écartée, même si les symptômes ont commencé après une chute.
Ne tentez pas de remettre une rotule en place ni de débloquer le genou par une manipulation. Si la rotule semble s’être remise en place spontanément après s’être déplacée, faites tout de même examiner le genou rapidement.
Quand une surveillance prudente reste possible
Un gonflement léger, une marche possible sans boiterie importante et une douleur qui diminue peuvent permettre une surveillance à domicile. Consultez toutefois rapidement si le genou se bloque, se dérobe ou s’aggrave. En cas de doute, demandez un avis médical. Chez l’enfant, la personne âgée, une personne porteuse d’une prothèse ou sous anticoagulants, il est préférable de consulter plus facilement. N’arrêtez pas un anticoagulant de votre propre initiative.
Comprendre ce qui gonfle : tissus, synovie ou sang
Après un choc, le gonflement peut se limiter aux tissus autour du genou ou se former à l’intérieur de l’articulation. Une inflammation de la membrane synoviale peut augmenter la quantité de liquide articulaire : c’est un épanchement de synovie, aussi appelé hydarthrose. Du sang peut également s’accumuler dans l’articulation. On parle alors d’hémarthrose.
Un gonflement rapide et volumineux peut faire suspecter une hémarthrose. Celle-ci peut accompagner une rupture ligamentaire, une fracture ou une luxation de rotule. Un gonflement plus tardif peut correspondre à une réaction inflammatoire ou à une lésion méniscale. Le délai donne une indication au professionnel de santé, mais ne suffit pas à identifier la blessure.
| Atteinte possible | Indices évocateurs | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Contusion | Choc direct, bleu et douleur localisée | Une douleur osseuse marquée peut aussi révéler une fracture. |
| Entorse ligamentaire | Torsion, douleur sur un côté, impression d’instabilité | La gravité dépend du ligament atteint et de l’étendue de la lésion. |
| Rupture du ligament croisé antérieur (LCA) | Pivot, parfois craquement, gonflement rapide et dérobement | La marche peut rester possible malgré la rupture. |
| Lésion méniscale | Torsion, douleur dans l’interligne, accrochage ou blocage | Un blocage persistant nécessite une évaluation rapide. |
| Fracture | Choc ou chute, douleur osseuse, appui difficile | Une déformation n’est pas toujours présente. |
| Luxation de rotule | Rotule déplacée ou sensation de déplacement puis de retour | Une lésion associée reste possible après sa remise en place. |
Une bosse située surtout devant la rotule peut aussi correspondre à une atteinte de la bourse superficielle, parfois appelée hygroma, plutôt qu’à un épanchement dans l’articulation. L’examen permet de déterminer où se trouve le gonflement.
Soulager le genou sans aggraver la blessure
Les premiers gestes servent à limiter la douleur et à protéger le genou. Ils ne réparent ni une fracture ni une rupture ligamentaire et ne doivent pas retarder une consultation lorsqu’un signe d’alerte est présent.
- Repos relatif : arrêtez le sport et évitez les pivots, les accroupissements et les déplacements inutiles. Ne forcez pas la flexion.
- Froid protégé : appliquez une poche froide enveloppée dans un tissu pendant quinze minutes, plusieurs fois par jour, comme le recommande Delivortho. Ne posez jamais la glace directement sur la peau.
- Surélévation : au repos, installez confortablement la jambe sur des coussins, sans adopter une position douloureuse.
- Compression prudente : un bandage souple peut aider, à condition de ne pas serrer. Retirez-le si des fourmillements, une douleur accrue, un pied froid ou un changement de couleur apparaissent.
- Appui adapté : ne cherchez pas à marcher à tout prix. Si vous boitez, des béquilles peuvent soulager l’appui en attendant un avis médical.
Un bandage doit soutenir le genou, pas faire garrot. Il peut devenir trop serré si le gonflement augmente après sa pose. Vérifiez régulièrement les sensations et la couleur des orteils, même si le bandage était confortable au départ.
Pour soulager la douleur, le paracétamol peut être envisagé si vous pouvez en prendre. Respectez la notice et ne cumulez pas plusieurs médicaments qui en contiennent. Demandez conseil en cas de maladie du foie ou de traitement associé. Ne prenez pas systématiquement d’anti-inflammatoires : ils présentent notamment des risques digestifs, rénaux et d’interactions, en particulier avec les anticoagulants. Une genouillère ou une attelle se choisit en fonction de la lésion, pas seulement du volume du gonflement.
Faire examiner le genou et choisir les examens utiles
En dehors des urgences, le médecin traitant ou un médecin du sport peut réaliser une première évaluation et vous orienter vers un orthopédiste si nécessaire. Décrivez le mécanisme de la chute, la présence éventuelle d’une torsion ou d’un craquement, le délai d’apparition du gonflement et votre capacité à marcher juste après l’accident.
La radiographie recherche notamment une fracture. Elle peut être nécessaire même en l’absence de déformation. Une radiographie normale n’exclut pas une lésion des ménisques ou des ligaments. Si une lésion interne est suspectée, l’IRM permet d’explorer ces structures. Cet examen n’est pas systématique et n’est pas toujours réalisé en première intention.
L’échographie peut aider à préciser la présence d’un épanchement ou d’une atteinte superficielle, mais elle ne remplace pas tous les autres examens. Une ponction peut être proposée pour soulager un genou très tendu ou analyser le liquide, notamment si une infection est suspectée. Elle n’est pas obligatoire et ne traite pas, à elle seule, la cause du gonflement. Après une chute, une infiltration de corticoïdes n’est pas un geste automatique.
Surveiller l’amélioration avant de reprendre ses activités
Selon sa cause et sa gravité, un épanchement peut se résorber en deux à trois semaines. Ce délai est un repère, pas une garantie, et il ne faut pas attendre pour consulter si un signe d’alerte apparaît. Une contusion légère doit évoluer favorablement ; une fracture ou une lésion ligamentaire peut nécessiter une récupération bien plus longue.
Consultez si la douleur persiste au-delà d’une semaine, si le gonflement ne diminue pas clairement ou s’il revient à l’effort. Une baisse de la douleur ne suffit pas à écarter un problème si le genou reste instable ou bloqué.
Reprenez progressivement vos activités lorsque la marche et les mouvements redeviennent confortables. Pour le sport, attendez que le gonflement ait disparu et que la mobilité et la stabilité soient satisfaisantes. Si une lésion a été diagnostiquée, suivez les recommandations du soignant. La kinésithérapie peut aider à restaurer la force et la proprioception. Si le genou regonfle à l’effort, réduisez la charge et faites réévaluer la situation.